"LES SEPT FANTÔMES" par ARISTOPHANE est une courte histoire de 34 pages qui fut pré-publiée entre 1993 et 1996 dans le fanzine LE LÉZARD.
Le récit des Sept Fantômes est une sorte de contrepoint à celui du Conte Démoniaque : dans ce dernier, les damnés arrivaient par milliers en Enfer, poussés à coups de fourche comme on balaye des insectes, des tas de poussière. Ici, une humaine se retrouve soudainement, dans L’Au-Delà, qui était d’ailleurs le titre de ce récit pour ses deux premiers chapitres (avant « Les 7 Fantômes »). Cette femme doit finir par s’avouer qu’elle est morte, et qu’elle était ensuite attendue : les six spectres masqués qui l’accueillent (où ? On ne le sait pas) guettaient son apparition pour être au complet. S’ils ne semblent pas être des démons (le titre nous en informe), leurs identités sont également distinguées par des masques effrayants. Mais leur corps est humain, pas de gigantisme, pas de redoublement de membres ou d’hybridations épouvantables avec des animaux ou des objets comme les diables du Conte Démoniaque. On peut également retrouver ici des éléments bucoliques des Sœurs Zabyme, un temps étiré à réfléchir sur un chemin ou près d’une rivière ; et une parenté avec Logorrhée en ce qui concerne l’apparition de l’héroïne dès la première case, semblant jetée d’emblée dans le monde en cases du médium bande dessinée. Cet univers de papier est-il la mort, ou une forme de l’au-delà ?
Aristophane ne développe cet univers fantomatique que sur cinq courts chapitres, mais y insuffle assez d’éléments et de vie pour que l’on ne doive pas sous-estimer ces pages et que l’on salue cette parution en volume, qui vient compléter un corpus qui se révèle plus inachevé que dans notre souvenir. L’histoire ne dit pas si les planches originales de ces Fantômes ont elles aussi ultérieurement semblées assez maléfiques à Aristophane pour qu’il les détruise....
Extrait de la préface de JC MENU :
L'histoire du Lézard commence...